Dans Design, Service Branding

Publicité, image de marque, design interactif et numérique, design d’expérience, graphisme appliqué au cinéma: les thèmes sont larges et les possibilités exponentielles. Voici un retour sur quelques conférences marquantes de ce RDV Design qui s’est tenu le mercredi 4 novembre à l’Usine C.

 

NE DÉTESTEZ PAS LA PUBLICITÉ

ALISA WOLFSON
VICE-PRÉSIDENTE EXÉCUTIVE, DIRECTRICE DU DESIGN // LEO BURNETT, CHICAGO

Alisa a eu la chance d’étudier avec le célèbre Paul Rand. Elle a ensuite débuté sa carrière en solo. Isolée, elle cherchait à avoir plus d’impact sur son environnement avec des projets marquants et s’est donc lancée comme pigiste auprès de la célèbre agence de Chicago, Leo Burnett. À cette époque, l’agence misait sur la publicité seulement. Alisa a aidé à mettre sur pied le département de design.

«Les agences de publicité ne créent pas de marques iconiques, ce sont les gens qui les créent.»

Étude de cas : McDonald

On pourrait croire que les beaux jours de cette grande corporation sont loin derrière elle. Souvent critiquée ou ridiculisée, changer la perception des individus n’est pas chose facile. Léo Burnett a donc misé sur le changement d’image pour changer la perception des gens. L’essence du message véhiculé : L’amour est plus fort que la haine.

La firme Leo Burnett, qui gérait d’abord le compte publicitaire, fut appelée à prendre la charge du packaging et d’en faire un produit qu’on a le goût de garder plutôt que de consommer rapidement et jeter à la poubelle.

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Étude de cas : L’exposition Picasso à Chicago

Le musée a fait appel à Leo Burnett pour créer l’image qui allait faire la promotion de l’exposition Picasso. Plutôt que de simplement faire une reproduction d’une œuvre de l’artiste ou de créer une image qui allait rappeler son style, l’agence a opté pour des lettres simples, légèrement ludiques dans leurs mise en forme et couleurs. La déclinaison est intéressante, surtout les grandes lettres qui sortent du sol sur la place publique.

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Même si maintenant Alisa gère le département et ne fait plus de design, elle continue de réaliser des projets personnels afin de ne pas «perdre la main». À retenir de sa philosophie : peu importe où nous en sommes avec notre cheminement personnel, il faut à toujours se rappeler de voir le moment présent comme le début du parcours (just the beginning).

 

MÉDIAS: QUELLE INFLUENCE POUR LES DESIGNERS ET ARTISANS?

ROMAIN COLIN
FONDATEUR ET DIRECTEUR DE CRÉATION FUBIZ, PARIS

Fubiz est un blog quotidien sur les nouveautés dans le monde de la photographie, publicité, vidéo, clips. Les contenus sont sélectionnés pour leur qualité/originalité et peuvent être commerciaux ou non.

Fubiz a été fondé en 2005. C’était d’abord un projet scolaire de Romain Colin qui a vite fait place au succès… Aujourd’hui, le site web compte 1 million de visiteurs par mois. La plupart des artistes qui sont diffusés pour la première fois sur Fubiz présentent des projets personnels.

Quand le fond rencontre la forme

Le visuel, l’inspiration et le créatif, tout doit se marier correctement pour qu’un projet soit diffusé sur Fubiz.

«Pas seulement de belles choses mais aussi des choses amplifiantes, avec un pouvoir de viralité et de diffusion.»

Une fois la rencontre faite entre l’artiste et la plateforme Fubiz, d’autres ententes sont faites. C’est ainsi qu’on peut voir certains projets pendant leur création, avant leur diffusion (work and progress).

Fubiz ne voulait plus du format de blogue simple pour sa plateforme, avec des posts linéaires en ordre chronologique. Ils ont revu la plateforme web pour créer un site plus complet avec une meilleure catégorisation par intérêts, donnant ainsi plus de portes d’entrée sur le contenu. Ainsi, certains contenus qui auraient disparus après quelques jours refont surface par d’autres portes d’entrée (d’autres critères de recherches, catégories, etc.).

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LE DESIGN GRAPHIQUE INTÉGRÉ AU CINÉMA

ANNIE ATKINS
DESIGNER EN CHEF // THE GRAND BUDAPEST HOTEL, DUBLIN

Annie Atkins est designer pour le cinéma et la télé. Élève en design graphique, elle s’est ensuite dirigée vers le cinéma, où elle a enfin trouvé le mélange parfait qui lui convient.

Pour sa première expérience sur les Tudors, elle se demandait justement le rôle qu’allait jouer le graphisme dans une série qui se passe au 15e siècle. Vitraux dans un décor d’église, décret royal pour faire couper la tête d’une reine: le graphisme appliqué au cinéma est souvent plus présent qu’on le pense.

Les exemples de graphisme appliqués au cinéma sont nombreux : journaux, lettres, livres, plans, affiches, enseignes. Encore plus si on plonge dans le passé comme la série Penny Dreadful sur laquelle elle a travaillé à la création d’enseignes de cabaret en faux verre ou encore pour le film d’animation en stop-motion BoxTrolls.

Mais c’est surtout pour le célèbre film de Wes Anderson The Grand Budapest Hotel, qu’Annie Atkins s’est faite remarquer. Ce film, qui se passe surtout dans les années 30 dans un pays d’Europe imaginaire, a donc nécessité la créativité de l’artiste. Calendriers, livres, enseignes d’Hôtel, plans d’évasion, jusqu’au timbre sur les enveloppes: tout devait être imaginé et conçu. L’attention aux détails, comme le mauvais «kerning» (espacement entre les lettres) du nom de l’Hôtel, tout a été réfléchi.

D’ailleurs, les fans de cinéma remarquent tout : jusqu’au fait que les dates ne correspondent pas réellement aux bons jours sur un calendrier datant de 1932! Mais comme le mentionne Annie :

«Le design doit rester fidèle et authentique au film, et non à la réalité.»

La plus grande difficulté quand on fait du design pour le cinéma, c’est la continuité. Le film n’est jamais tourné dans le même ordre que le montage final. Un objet graphique qui apparait dans une scène en studio doit peut-être réapparaitre 2 mois plus tard sur le terrain dans les mains de l’acteur. Si cet objet est fragile ou doit être déchiré, il faut alors une quantité suffisante de copies pour refaire la scène de multiples fois selon les besoins du réalisateur. Si cet objet est fait à la main, vous voyez vite l’ampleur de la tâche à accomplir.

Il faut l’avouer: Grand Budapest Hotel est de loin un vrai festin pour les yeux.

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Charles Henri

Charles Henri

Partenaire création chez Kryzalid, Charles joue un rôle de premier plan dans le processus créatif de l'agence depuis 2009. Particularité : il s’intéresse de près au design de marque et aux stratégies de communication.