Dans Nouvelles de Kryzalid, UX et ergonomie

La semaine dernière, nous assistions à la 7e édition du Web à Québec (WAQ). Cet événement haut en couleur est devenu un incontournable dans l’industrie du numérique. Cette année encore, la programmation incluait des conférenciers provenant du monde entier.

Kryzalid vous présente un résumé des grands moments de cet événement!

Andy Budd: The Good, The bad and The Ugly of Conversational Interfaces

Concepteur UX, PDG de Clearleft et cofondateur du Brighton Digital Festival, Andy Budd aide des entreprises comme The BBC, John Lewis et Penguin Random House à faire leur virage numérique. Budd est fréquemment invité en tant qu’orateur à des conférences internationales comme SXSW, An Event Apart et The Next Web

Cette fois, il nous offrait une présentation sur le sujet du moment: les interfaces conversationnelles, explorant les caractéristiques ayant menées à la popularisation de ces interfaces ainsi que les domaines dans lesquels elles sont applicables. Selon Budd, cinq types d’interfaces conversationnelles existent à ce jour: les notifications et Gofers, les coaches et guides, les Shopping Apps, les assistantset concierges et finalement les amis et compagnons.

Au delà de la simple description, Budd nous a également démontrer différentes manières de concevoir un chatbots. Des conversations flow aux outils de conception en passant par l’implication de l’intelligence artificielle, Budd a dressé un portrait complet du processus de conception d’un chatbot. Selon lui, le futur du UI design se trouve dans le langage et nous devons donc nous intéresser particulièrement à ce type d’interface. Il souligne la responsabilité du designer d’éviter de tomber dans le piège du cliché, par exemple en utilisant le genre féminin pour les bots prenant place dans des contextes associés à des rôles traditionnellement féminin. Finalement, il conclut sur l’importance d’être attentif à l’impact social de nos choix de conception en matière de chabots.

      

Manon Gruaz: La marque est morte. Vive l’Intelligence Artificielle.

Manon Gruaz est stratège et designer de marque et d’interfaces chez Arcbees. C’est avec beaucoup d’humour qu’elle nous a entretenu d’un concept ayant récemment fait son apparition: la marque intelligente. La marque est devenue une entité intelligente, une personnalité, un algorithme capable d’apprendre. À l’intersection du branding traditionnel et de l’intelligence artificielle, la marque intelligente est la prochaine évolution que connaîtront les entreprises. Selon elle, la marque connait un changement de paradigme.

Ce nouveau paradigme apporte également de nouveaux questionnements. Quelles sont les limites à respecter face aux utilisateurs? Comment les marques intelligentes vont-elles interagir entre-elles? Quelles sont les responsabilités morales et éthiques des marques par rapport aux données récoltées sur les utilisateurs? Manon Gruaz se pose ces différentes questions au quotidien et nous a partagé quelques éléments de réponse sous la forme des «3 règles de la marque intelligente». Selon elle, la marque doit

  1. Laisser la liberté de choix aux utilisateurs
  1. Protéger l’utilisateurs et ses données
  1. Comprendre les valeurs des utilisateurs

Maximilian Doelle: Designing & Prototyping UI & UX for Microsoft HoloLens

Maximilian Doelle est Chief Prototyper au studio d’innovation Kazendi. Doele travaille à l’amélioration de l’engagement des clients par le biais de technologies émergentes telle que les HoloLens. 

Il nous a partagé le processus et les défis de création d’expérience en lien avec l’HoloLens. Du prototype papier à celui dans Unity, Doelle nous a expliqué comment la prise en compte de l’espace et de la gestuelle influence chaque décision de design. Saviez-vous que vous pouvez mesurer l’espace maximum disponible pour un menu d’un simple geste?

Afin d’illustrer son propos, il nous a présenté les différents supports et unités de mesures utilisés afin de tester rapidement des menus. Ceux-ci sont d’abord des prototypes papier à l’échelle qui sont ensuite tester en condition d’utilisation réelle. Finalement, et pour le plus grand plaisir de tous, Doelle nous a présenté plusieurs démos et essais en interaction avec les membres de l’auditoire afin que ceux-ci puissent expérimenter les HoloLens.

     

Brian Solis: Innovation Starts with a Shift in Perspective

Brian Solis est analyste principal chez Altimeter Group, il étudie les effets de technologies perturbatrices sur les entreprises et la société. Mondialement reconnu comme l’un des leaders en matière de transformation numérique, d’innovation et d’expérience, Brian est l’auteur de plusieurs best sellers («What’s the Future of Business (WTF)», «The End of Business As Usual and Engage !» et «X»).

Connaissez-vous les différences entre une itération, une innovation et une technologie de rupture? Brian Solis, nous a entretenu sur ce sujet. Cette présentation avait pour objectif de partager ce qui est, selon lui, la vrai source d’une innovation ou d’une technologie de rupture: la manière dont nous voyons le monde. Solis définit ces 3 concepts de la manière suivante:

  • Itération: Faire la même chose qu’avant mais en mieux
  • Innovation: Faire de nouvelles choses
  • Rupture: Faire de nouvelles choses rendant les anciennes obsolètes

Pour Solis, la clé afin de faire des projets ou des actions innovantes pour une entreprise est de cesser d’être réfractaire au changement qui s’opère dans le monde. Il dit que nous devons, au contraire, devenir des acteurs de ce changement. Il a expliqué que nous traversons une époque de Digital Darwinism, c’est-à-dire une ère où la technologie et la société évoluent plus rapidement que la capacité des entreprises à s’adapter. En fait, selon lui, les entreprises qui ne s’adaptent pas aux changements sociétaux et technologiques sont vouées à disparaître (ex: Blockbuster vs Netflix). Son grand conseil? «Learn to unlearn»!

   

Wearables: enjeux de design UX

Patricia Nadeau, designer, ergonome et chercheure en UX, nous a offert une présentation sur les différents enjeux et défis liés au design d’expérience utilisateur de wearables. Les wearables sont des objets connectés que l’on porte sur soi. Il peut s’agir d’un bijou, d’un accessoire ou d’un vêtement. Malgré la grande popularité qu’ils ont connue durant les dernières années, les tendances indiquent que les utilisateurs se lassent et abandonnent l’utilisation d’un wearable en moins de 6 mois. Patricia Nadeau nous a expliqué que cet abandon est d’ailleurs le principal problème de l’industrie. Patricia identifie 5 enjeux pouvant influencer la poursuite de l’utilisation d’un wearable: la fiabilité, l’autonomie, l’ergonomie, l’apparence et l’interface. Elle nous précisait toutefois que l’enjeu majeur est la fiabilité, sujet sur lequel porte actuellement 75% des commentaires négatifs sur les wearables. Finalement, elle a conclu sa présentation en nous offrant 3 pistes de solution pour une meilleure expérience. Le concepteur doit s’assurer de:

  • transcender l’écran (elle nous conseille d’ailleurs de s’intéresser au No Interface) 
  • personnaliser l’expérience
  • anticiper les besoins de l’utilisateur

     

Tony Aubé: Design & Intelligence Artificielle

Tony est designer de jeux éducatifs à réalité augmentée chez Osmo, une start up située en Californie. Durant sa présentation, Tony a abordé l’avènement de l’intelligence artificielle. Il a vulgarisé les dernières avancées en IA et les nouveaux types d’interactions qu’elles permettent. Il a abordé la transition vers les Intention-Driven UI dans lesquelles l’ordinateur comprend l’action de l’utilisateur et l’intention derrière celle-ci. 

Finalement, il nous a parlé du Generative Design et en quoi l’intelligence artificielle peut être utilisée pour générer des centaines de solutions à un problème donné. De ces centaines de solutions sera extraite la meilleure dans un processus ressemblant à celui de la sélection naturelle.

Golden Krishna : The best Interface is No Interface

Designer et auteur du best-seller «The Best Interface is No Interface» Golden Krishna travaille actuellement chez Google sur la stratégie de conception pour façonner l’avenir d’Android. Il est l’un des «meilleurs créateurs du monde» selon Fast Company.

«Slap an interface on it!»

Il n’est pas le seul auteur à l’avoir constaté, dans notre hâte de répondre à une problématique par des interfaces, il nous arrive souvent de complexifier une interaction au lieu de répondre réellement aux besoins de nos utilisateurs. Afin de résoudre cette problématique, Golden Krishna présentait les trois piliers du No Interface. Nous vous invitons, si ce n’est déjà fait, à vous y intéresser plus en détail en lisant son livre dans lequel il présente, avec pertinence et humour, ces trois piliers du No Interface :

  1. Embrace Typical Processes Instead of Screens
  1. Leverage Computers Instead of Serving Them
  1. Adapt to Individuals

Pour plus de détails sur ces piliers, nous vous invitons à consulter notre article sur le passage de Golden Krishna à Tout le monde UX!

     

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Catherine Dionne

Catherine Dionne

Stratège et UX Designer chez Kryzalid depuis 2014, Catherine est passionnée par l'architecture d'information. Particularité : elle boit un thé Davids Tea à heure fixe chaque jour.